Babymag N°9 mai/juin 2010

Parce qu’elle en avait marre de devoir se déplacer de Genève à Paris

pour trouver des objets à son goût,

Muriel Taylor a imaginé sa boutique idéale, entre mobilier chiné et créateurs ravageurs.

 

 

 

 

 

Des boutiques, autant vous dire qu’il en existe des vertes et des pas mûres, toutes taillées sur mesure et abreuvées des même marques mignonnettes. Mais, dans l’optique d’une short list à griffonner dans votre Moleskine, Marre des épinards doit s’imposer d’emblée dans votre top 3. Rien que ça. Et cochon qui s’en dédira. Pour Muriel, tout a commencé par un voyage. «Avec mon mari, on a décidé un jour de prendre deux aller simple pour l’autre bout du monde.» Le séjour a duré un an et demi, partagé entre l’Australie et l’Asie. Forcément, au retour, leur optique de vie avait pas mal changé. Alors, va pour une boutique-atelier regorgeant de produits d’ici et d’ailleurs. «Enceinte d’Owen, j’ai petit à petit imaginé ce lieu, car les boutiques visitées en Suisse ne répondaient pas à mes désirs.» Le déclic a certainement eu lieu au moment de la quête d’un lit pour leur fils. «En gros, on nous a dit d’aller à Paris pour le voir.» Finalement, c’est son papa qui lui a créé son berceau et le lit en question est désormais disponible à la boutique! Décoratrice de formation, Muriel a toujours eu l’habitude de récupérer du mobilier de-ci, de-là et de le retaper dans l’arrière-salle de son atelier. Architecte d’intérieur, son mari a sacrément mis la main à la pâte pour transformer une ancienne boutique pour sanitaires en un concept store joliment personnalisé (un bureau en carton, un escalier qui devient espace d’exposition et cabane d’occasion…).

Un casting inégalé en Suisse

Pour se fournir, elle avoue avoir suivi les circuits traditionnels, salons et autres foires dédiés au monde de l’enfant, mais surtout… du Net, du Net, jusqu’à en avoir les yeux qui tourbillonnent de fatigue. Mais quel casting au final! Les cartes postales du label allemand Kleine Freunde, on craque; les robots à monter soi-même de Piperoid, on croque; de même pour les marionnettes en feutrine signées Noted! et pour les lettres-coussins de chez Paper & Coffee, on est prêt à sortir le cric pour ne les garder qu’à soi! Ces objets racontent des histoires. Mais le charme du lieu est évidemment intrinsèquement lié à son hôtesse. Sa collection de chaises est remarquable, limite muséale, et la galaxie de grues en origami qui trustent sa vitrine est suffisamment conséquente pour concentrer tous les regards. Au point de lui donner quelques idées pour le futur? «A terme, avoue-t-elle, j’aimerais bien ajouter à la boutique, la marque Marre des épinards.»

Marre des épinards?

«Notre fils avait souvent l’expression «marre de la poule» à la bouche. Ce qui ne voulait vraiment rien dire. Mais ça nous a fait penser à l’expression «marre des épinard», et on s’est tout de suite rendu compte du capital sympathie que ce bout de phrase dégageait.» Concernant son investissement, elle reste discrète, mais reconnaît que s’ils n’avaient pas été un peu débrouillards, il y en aurait eu pour un paquet de sous. Les flyers sont l’oeuvre d’un ami illustrateur et tout a formidablement commencé par un joli bouche-à-oreille. Reconnaissante, elle avoue d’ailleurs que sans Internet et les bloggeuses y connectées, sa boutique n’existerait pas. Alors, comme un juste retour des choses, elle devrait bientôt les y rejoindre. Afin, peutêtre, d’inciter d’autres personnes à l’idée de partir à l’aventure.